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  • Notre Histoire

    PUMAR : Esprit des Lumières au service du progrès humain

    La Loge Paix Union Mars et les Arts Réunis (PUMAR) s’inscrit dans une histoire profondément liée aux transformations intellectuelles, politiques et économiques qui marquent l’Europe moderne, et plus particulièrement à celles qui façonnent la ville de Nantes à partir du XVIIIᵉ siècle.

    Au moment de l’allumage des ses feux, le 22 mars 1776, de la loge Paix et Union, Nantes est l’un des principaux ports du royaume de France. Ville ouverte sur l’Atlantique, elle connaît un essor considérable grâce au commerce maritime, notamment colonial. Cet essor repose en partie sur la traite atlantique, dont Nantes fut le premier port négrier français au XVIIIᵉ siècle. Cette réalité historique, aujourd’hui pleinement reconnue, s’inscrit dans un système économique et social qui a profondément marqué la ville, ses élites et ses réseaux. C’est dans ce contexte complexe, mêlant prospérité, circulations intellectuelles et contradictions morales, qu’émerge une bourgeoisie éclairée, constituée de négociants, d’armateurs, de juristes, d’hommes de lettres, particulièrement réceptive aux idées nouvelles diffusées par le mouvement des Lumières.

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    Les loges maçonniques apparaissent alors comme des espaces singuliers de sociabilité et de réflexion, où peuvent se rencontrer des individus issus de milieux divers, et où s’expérimentent des formes de dialogue fondées sur la liberté de conscience, la recherche de la vérité et l’égalité symbolique. 

    La loge Paix et Union incarne cet esprit. Elle offre un cadre dans lequel peuvent s’élaborer des réflexions critiques sur l’ordre social et politique, dans la tension, caractéristique de l’époque, entre des idéaux universalistes en plein essor et des réalités économiques encore marquées par des logiques d’exploitation et d’inégalités.

    Cet héritage intellectuel et moral se prolonge au fil du temps. Il se manifeste notamment par des prises de position qui témoignent d’une capacité d’évolution et d’engagement : le vote en faveur de la mixité, en décembre 1865, constitue à cet égard un jalon particulièrement significatif, traduisant une volonté d’inscrire dans les pratiques maçonniques les principes d’égalité portés de longue date.

    L’allumage des feux, le 17 janvier 1799, de la loge Mars et les Arts s’inscrit quant à lui dans le prolongement direct de la Révolution française. Nantes, profondément marquée par les bouleversements de cette période, tant dans ses structures politiques que dans ses équilibres sociaux, devient aussi un lieu de recomposition des formes de sociabilité et d’engagement. Dans ce contexte, la franc-maçonnerie participe à la redéfinition des cadres de réflexion collective. La loge Mars et les Arts exprime cette dynamique : son intitulé associe la figure de l’action militaire (Mars) à celle du savoir et de la culture (les Arts), traduisant une volonté de concilier engagement civique, élévation intellectuelle et idéal républicain.

    Ange GUÉPIN
    Vénérable Maitre de Mars et les Arts entre 1848 et 1850 puis entre 1869 et 1873

    La fusion le 17 décembre 1900, de ces deux loges historiques donne naissance à la loge Paix Union Mars et les Arts Réunis (PUMAR) qui allumera ses feux le 20 janvier 1901. Cette union intervient à un moment où la République consolide ses institutions et où les valeurs de laïcité, d’instruction et de citoyenneté s’affirment pleinement. Elle symbolise la convergence de deux héritages issus des Lumières et de la Révolution, désormais réunis dans un projet commun : contribuer, par le travail initiatique et la réflexion collective, au perfectionnement moral et intellectuel de l’être humain, dans une perspective résolument humaniste.

    Paul Griveaud Dernier Maire de Chantenay,
    Vénérable Maître de Paix et Union Mars et les Arts Réunis de 1900 à 1908

    L’histoire de la loge PUMAR s’inscrit également dans une dimension européenne, marquée par les déchirures du XXᵉ siècle et les efforts de réconciliation qui s’ensuivent. Le jumelage établie 11 novembre 1967 avec la loge allemande « Bruderkette zur Stärke und Schönheit », à l’Orient de Saarbrücken, en constitue une illustration particulièrement forte. Dans un contexte encore proche des traumatismes de la Seconde Guerre mondiale, ce partenariat manifeste une volonté partagée de dépasser les antagonismes du passé pour promouvoir la paix, l’amitié et la fraternité entre les peuples.Aujourd’hui, les Sœurs et les Frères de la loge PUMAR sont les dépositaires de cet héritage pluriséculaire. Conscients de la complexité de l’histoire dans laquelle ils s’inscrivent, ils poursuivent un travail de réflexion et d’engagement fidèle aux idéaux de liberté, d’égalité et de fraternité, contribuant ainsi à inscrire dans le présent une tradition humaniste en constante évolution.

  • Dans les flammes de l’Atlantique : la mémoire du naufrage de l’Austria ressuscitée à Nantes

    Le 13 septembre 1858, en plein cœur de l’Atlantique Nord, le vapeur Austria, paquebot transatlantique de la compagnie Hapag, sombre au large des Açores après un incendie d’une violence fulgurante. Parti de Hambourg à destination de New York avec plus de 500 passagers, l’Austria se transforme en piège mortel. Le sinistre, déclenché par une désinfection au goudron mal maîtrisée, fait 450 victimes. À l’époque, cette catastrophe maritime est l’une des plus meurtrières du siècle, bien avant le naufrage du Titanic.

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    Aujourd’hui, ce drame oublié refait surface au musée d’histoire de Nantes grâce à une œuvre puissante : L’Incendie du steamer Austria, peinte en 1863 par Charles Leduc, artiste nantais et ancien marin. Le tableau montre le paquebot en flammes, dérivant dans une mer déchaînée, pendant que des canots s’efforcent de sauver les survivants. La scène est saisissante, tant par sa composition dramatique que par la précision du geste pictural.

    L’œuvre n’est pas seulement un tableau de marine : c’est un hommage. Elle a été commandée par la loge maçonnique Mars et les Arts, dont le nom est encore visible sur l’imposant encadrement en bois doré. Cette loge nantaise rendait ainsi hommage à l’un de ses membres, le capitaine Ernest Renaud, commandant du navire Maurice. Ce dernier, alerté par les signaux de détresse, dévia sa route et parvint à secourir une partie des passagers de l’Austria, en faisant preuve d’un sang-froid et d’un courage unanimement salués.

    L’artiste Charles Leduc (1831–1911) fut un peintre de marine renommé, dont la sensibilité était nourrie par une expérience directe de la navigation. Ses toiles, souvent marquées par des épisodes dramatiques de la vie en mer, sont recherchées pour leur précision documentaire autant que pour leur charge émotionnelle. Dans L’Incendie du steamer Austria, il condense toute la tension d’un moment de bascule entre la vie et la mort.

    En 2012, le musée d’histoire de Nantes a mis en lumière cette tragédie à travers une exposition exceptionnelle intitulée L’Austria, une tragédie dans l’Atlantique, accompagnée d’un catalogue de référence rédigé par Pierre Chotard et Gaëlle David. L’œuvre de Leduc y figurait en pièce maîtresse, incarnant l’un des rares témoignages visuels contemporains de ce naufrage.

    Au-delà de la scène historique, ce tableau est aussi un objet de mémoire fraternelle. En gravant dans la peinture le nom de la loge Mars et les Arts, ses commanditaires ont inscrit leur volonté de ne pas laisser sombrer, dans l’oubli, l’acte de bravoure d’un des leurs. Cette reconnaissance s’est également traduite par une Ode composée par le F∴ Puységur, en hommage au capitaine Renaud. Conservée à la Bibliothèque nationale de France, cette pièce lyrique constitue un autre témoignage précieux de la mémoire maçonnique autour de ce sauvetage héroïque. Ainsi, entre les flammes du navire et l’écume de la mer, se tient une autre histoire — celle du lien entre les vivants, la mer, et l’engagement silencieux des hommes.